Semaine de mobilisation pour le développement durable
Bon, je sais, la réduction de la pollution n'est apparemment pas la première préoccupation de la Chine (charbon, voitures...) même si ils font quand même des efforts de reboisement. Ca serait plutôt "développons nous d'abord, dépolluons ensuite". Mais justement, c'est une bonne occasion pour parler de la semaine de mobilisation pour le développement durable qui se déroule, pour la quatrième fois, en France du 29 mai au 4 juin.Qu'est ce qui se passe exactement ? Les citoyens, collectivités et entreprises sont appelés à changer leurs habitudes pour ménager la planète et le climat. Ce qui est plutôt une bonne chose. Le concept de développement durable a été conçu durant le "Sommet de la Terre à Rio" en 1992. Le but, combiner croissance économique, progrès social et préservation de l'environnement. Tout un programme !
1.400 initiatives - le double de l'an dernier - sont prévues en France durant cette semaine : des expositions, des journées portes ouvertes, des conférences et colloques, et des actions de terrain - promotion du vélo, des économies d'eau dans le lavage des voitures, labellisation "développement durable" dans des villages de moins de 2.000 habitants...
Le Medef n'est pas en reste et publie un guide d'une centaine de "bonnes conduites" à adopter par les entreprises, qui sont de plus en plus nombreuses à communiquer sur le développement durable. "Les entreprises agissent dans leur intérêt, mais beaucoup d'entre elles ont compris qu'elles seront mieux positionnées demain si elle prennent en compte l'environnement, le changement climatique", assure M. Brodagh. "C'est un mélange d'intérêt bien compris et d'insertion dans la société, qui avance à coup de régulations et d'approches volontaires". Pas cynique du tout, le gars. Mais bon. Vaut mieux ça que le contraire. Comme quoi nos choix ont du poids, messieurs - dames !Le gouvernement réfléchit aussi aux possibilités d'étendre "l'étiquette énergie", déjà appliquée aux voitures et à l'électroménager, afin de
signaler leur valeur en dioxyde de carbone (CO2), particulièrement néfaste au climat. Par exemple, comptabiliser et afficher les émissions de gaz à effet de serre sur une barquette de fraises importées en hiver du bout du monde... Mais il faut aussi que les consommateurs se montrent responsables pour que ça marche. Vu le succès des produits bio, ça ne devrait pas poser trop de problèmes, fanas de fraises mis à part. Les chefs d'entreprises ont peut être à gagner de la pollution (plus de fric plus vite) mais pas nous (avez-vous déjà vu une seule étoile dans le ciel de Pékin ? Oui ? Ca devait être un avion, ma bonne dame...), alors agissons. Le client est roi, non ? Selon Elizabeth Pastore-Reiss, directrice d'Ethicity - agence de conseil
aux entreprises sur le développement durable - "un Français sur deux se sent concerné par l'état de la planète. "Sur 4.500 personnes interrogées en mars, 83% indiquent avoir pris conscience de leur pouvoir d'action au travers de leurs achats. Et plus de 20% pensent qu'il faut simplement consommer moins". Si rien ne répond à ces préoccupations, prévient-elle, "on court le risque de voir les plus gros consommateurs opter pour la décroissance". J'ai lu quelque part que si la Chine consommait autant que l'Europe ou les USA, elle aurait besoin de l'énergie de la planète entière pour satisfaire ses besoins ! Comme consommer moins n'est peut-être pas la meilleure solution (moi pas vouloir habiter dans cabane en bois en haut de la montagne, et les chinois aimeraient bien améliorer leurs conditions de vie, ce qui est naturel), il serait peut-être temps de consommer - et produire ! - autrement.Alors bon, ces semaines, c'est comme la St Valentin, la fête des mères, le dimanche matin à l'Eglise ou la journée des femmes. On se comporte bien pendant quelques instants et le reste du temps, on s'en fout. Mais peut-être que si on n'en parlait pas du tout, personne n'y ferait gaffe ? Alors célèbrons.
Qu'est ce que je vais faire pour célébrer cette semaine, moi ? Je pourrais boycotter la clim, ce truc bouffeur de couche d'ozone qui donne mal à la gorge au bureau, congèle les pieds dans les voitures et oblige à porter une "petite laine" au resto quand il fait 45° à l'ombre à l'extérieur. Mais en Chine, ça risque d'être dur, les habitudes sont aussi ancrées qu'aux USA... et surtout, Wang Chao risque de m'envoyer dormir sur le canapé si je le prive de clim la nuit ! Allez, c'est mon combat (jusqu'aux menaces de divorce, après on verra). Conclusion ? Sauvez un arbre, mangez un castor ! Non, je blague, pôv' bêtes...

Source : AFP
Publicité