Les souvenirs font le présent
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la mort de mon père. Et c'est la dernière année où j'aurais vécu plus d'années avec lui que sans lui. L'année prochaine, ce sera moitié-moitié, et après, ça sera toujours moins de jours passé avec lui que sans lui.
Malgrès toutes nos disputes - nous avions un caractère (de cochon) trop semblable, paraît-il -, je lui dois beaucoup.
D'abord, la découverte, alors que je me trouvais désespèremment normale, que les enfants de mes demi-frères et demi-soeur n'étaient pas mes cousins et cousines mais mes neveux et nièces bien que nous ayons le même âge. Et que ma petite soeur avait donc un neveu plus âgé qu'elle. Nous étions "tante" depuis notre naissance, ou presque. C'est pas le cas de tout le monde dans la cour de récré !
La réalisation, ensuite, que mon père était une sorte de héro. Un gamin qui s'est engagé dans la résistance à 15 ans, et a dû son salut à quelques balles cachées dans une blague à tabac (qui a dit que fumer tue ?!) que les officiers nazis n'ont jamais trouvées, lui permettant ainsi de dire que le revolver n'était pas à lui... et évitant de ce fait l'execution sommaire. La décourverte du camps de Matahausen avec ma mère et ma soeur, ce camp de travail où il a échoué après sa capture... Combien de jours, de mois, à monter des blocs de pierre de la carrière par un immense escaliers aux marches glissantes et inégales taillé à même la falaise, et d'où il a été sauvé in-extremis à la libération - il n'aurait pas tenu un mois de plus... Tout ça pour défendre des idées, un mode de vie, une liberté. Un peu d'inconscience enfantine mêlée au tout, certainement, mais combien sont restés chez eux à attendre que ça se passe...
Ce dernier été, enfin, que nous avons passé à fabriquer la totalité des meubles de ma chambre de nos main (j'ai d'ailleurs failli perdre l'une des miennes en coupant une planche !), des meubles coupés, poncés, cloués, paints... sans relache pendant deux mois. J'espère que pendant ce dernier été, j'aurais réussi à lui monter que je n'étais pas aussi maladroite qu'il ne me le répètait.... et pas aussi "cul-cul la praline" - une de ses expressions favorites.
Pourvu que je n'oublie pas. Tout ça paraît si loin, déjà...

Malgrès toutes nos disputes - nous avions un caractère (de cochon) trop semblable, paraît-il -, je lui dois beaucoup.
D'abord, la découverte, alors que je me trouvais désespèremment normale, que les enfants de mes demi-frères et demi-soeur n'étaient pas mes cousins et cousines mais mes neveux et nièces bien que nous ayons le même âge. Et que ma petite soeur avait donc un neveu plus âgé qu'elle. Nous étions "tante" depuis notre naissance, ou presque. C'est pas le cas de tout le monde dans la cour de récré !
La réalisation, ensuite, que mon père était une sorte de héro. Un gamin qui s'est engagé dans la résistance à 15 ans, et a dû son salut à quelques balles cachées dans une blague à tabac (qui a dit que fumer tue ?!) que les officiers nazis n'ont jamais trouvées, lui permettant ainsi de dire que le revolver n'était pas à lui... et évitant de ce fait l'execution sommaire. La décourverte du camps de Matahausen avec ma mère et ma soeur, ce camp de travail où il a échoué après sa capture... Combien de jours, de mois, à monter des blocs de pierre de la carrière par un immense escaliers aux marches glissantes et inégales taillé à même la falaise, et d'où il a été sauvé in-extremis à la libération - il n'aurait pas tenu un mois de plus... Tout ça pour défendre des idées, un mode de vie, une liberté. Un peu d'inconscience enfantine mêlée au tout, certainement, mais combien sont restés chez eux à attendre que ça se passe...
Ce dernier été, enfin, que nous avons passé à fabriquer la totalité des meubles de ma chambre de nos main (j'ai d'ailleurs failli perdre l'une des miennes en coupant une planche !), des meubles coupés, poncés, cloués, paints... sans relache pendant deux mois. J'espère que pendant ce dernier été, j'aurais réussi à lui monter que je n'étais pas aussi maladroite qu'il ne me le répètait.... et pas aussi "cul-cul la praline" - une de ses expressions favorites.
Pourvu que je n'oublie pas. Tout ça paraît si loin, déjà...

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