Le réveillon du Nouvel An Chinois
A l'arrivée du nouvel An - 春节 (chun1 jie2), fête du printemps en chinois -, on fait tout pour placer l’année sous les meilleurs auspices possibles. Il y a ainsi plusieurs rituels à observer.
Le rituel du 辞年 (ci2 nian2) : "ci nian" signifie "prendre congé de l’année". On rend hommage une dernière fois aux dieux et aux ancêtres par des prières. Sur l’autel des ancêtres, on brûle de l’encens et dispose des pâtisseries. On rend visite aux amis et aux proches pour leur souhaiter une bonne fin d’année - ce qui dure d'ailleurs parfois pendant plusieurs jours, entraînant des banquets quotidiens, midi et soir, pendant près d'une semaine !
Durant ces derniers jours de l’année, les commerçants font un grand étalage de marchandises. Il faut toujours avoir des fruits frais, des fruits secs et des friandises à offrir aux personnes qui viennent vous souhaiter la nouvelle année. Je ne vous raconte pas la fréquentation des magasins la dernière semaine avant le nouvel an. Entre les provisions pour les visiteurs et les cadeaux pour la famille et les amis proches... le weekend dernier, à Carrefour, il ne fallait pas être claustro, c'est moi qui vous le dit ! La queue des caisses remontait toutes les allées les plus proches de la sortie ! Imaginez la période avant noël chez nous avec la population chinoise... ça fait peur, hein !
A l’origine les Chinois utilisaient des branches de pêcher au-dessus des portes pour conjurer le mauvais sort et effrayer les mauvais esprits au moment de la venue de la nouvelle année. Elles servaient aussi de porte-bonheur. Mais en raison d'une raréfaction du bois de pêcher, les Chinois les remplacèrent par des représentations des dieux des portes 门神 (men2 shen2) : des guerriers en armure tenant dans la main une lance et un sabre en guise de protection. L'identité divine des dieux des portes se confond avec celle de deux gardiens de l’empereur Taizong (627-649) sous les Tang (618-906) car les Chinois divinisent souvent des personnalités humaines à
la suite d’exploits. D’après la légende, l’empereur céleste fit appel à Shen Tu et Yu Lei pour surveiller la porte de l’enfer située au nord d’une île perdue dans l’océan : tout esprit malveillant qui tentait de fuir était aussitôt attrapé par Shen Tu et Yu Lei à l’aide d’une corde de chanvre, et jeté ensuite aux tigres. D’autres rapportent que les dieux des portes seraient Qin Qiung et Hu Jinde, deux gardiens devenus légendaires sous l’empire des Tang. L’empereur Taizong, sujet à des cauchemars la nuit, ordonna à Qin Qiung et Hu Jinde de veiller auprès de son chevet jusqu’à ce que les mauvais esprits qui perturbaient son sommeil en soient définitivement chassés.
On placarde aussi, en plus des 福 "bonheur" la tête en bas (voir billet du 21/01 "le bonheur à l'envers") sur les portes, des bandes de papier appelées 春联 (chun1 lian2) ou 对联 (dui4 lian2) sur les battants des portes afin de protéger le foyer des esprits malveillants. On change ces bandes de papier, une de chaque côté de la porte et parfois une au dessus, tous les ans. Au moment de les arracher, elles ont parfois triste
figure si elles étaient à l'extérieur... Sur ces bandes, sont inscrites des voeux de bonheur, fortune et réussite. Les caractères sont généralement dorés sur fond rouge - couleur du bonheur, et qui font peur aux mauvais esprits. Par contre, si la famille a souffert d’un décès au cours de l’année, une bande de papier vierge de couleur blanche se substitue modestement aux sentences flamboyantes traditionnelles.
Dans les foyers les plus traditionnels, un autel est
spécialement dressé en l’honneur des dieux, orné d’une bande de papier sur lequel figurent tous les dieux et les sages. Appelé 天地桌 (tian1 di4 zhuo1) "autel au ciel et à la terre", il reste en place tout au long de la période de la fête du printemps et n’est ôté qu’au moment de la Fête des Lanternes. On y dispose des mandarines représentant les lingots d'or, et on accroche à des branchages de cyprès des pièces de monnaie. Ces arbres miniatures sont appelés 摇钱树 (yao2 qian2 shu4) - "arbre qu’il suffit de secouer pour faire venir la fortune" !
Toute la journée de la veille du Nouvel An et jusqu’au lendemain, pétards et tambours (ainsi que les alarmes des voitures...) battent leur plein afin d’éloigner les esprits néfastes. On dépose aussi sur le pas de la porte des branchages de bois secs servant à repérer ces mêmes esprits malveillants, qui en marchant auraient ainsi fait du bruit.
Le Banquet du Printemps : ou "banquet aux dieux de la fortune". Le repas du réveillon réunit exclusivement la famille. Il commence tard dans la soirée et se termine à l’aube du premier jour. Normalement on ne doit pas dormir cette nuit là... L’après-midi, la famille prépare le banquet. Le menu qui compose le banquet est l’un des plus riches de toutes les fêtes traditionnelles chinoises. Certains mets, telle la viande séchée et salée, doivent même parfois être préparés un mois à l'avance. La variété des plats est aussi dictée par la tradition d’un repas composé d’aliments symbolisant le bonheur, la chance, la réussite et la longévité. Ainsi sont communément servis des plats frits à l’huile, symboles de la chance et de la prospérité ; des aliments ronds (boulettes de viandes, pâtisseries, fruits) symboles de la réunion ; des vermicelles translucides, symboles de la fortune ; des nouilles, symboles de la longévité, ect... Tout ça à cause de jeux de mots, encore une fois.
Deux spécialités sont cependant de mise : 饺子 (jiao3 zi) - raviolis - et le年糕 (nian2 gao1) - gâteau de la nouvelle année. Pourquoi ?
Parce que le ravioli a la forme du lingot d’argent de cinquante
onces qui servait autrefois de pièce. Le consommer permet d’accueillir la fortune et d’entrer dans la richesse. Ils sont confectionnés la veille du nouvel An et consommé le soir quand on approche la nouvelle année. Un ravioli sucré annonce une douce existence pour l’année ; un ravioli à l’arachide une bonne santé et une longue vie. On glisse parfois des fèves dans les raviolis : pièce ou talisman. C'est censé apporter bonheur et fortune (et note de dentiste élevée pour les affamés) à ceux qui les trouvent.
Le gâteau de la nouvelle année est une pâtisserie originaire du sud de la Chine, à base de farine de riz glutineux mélangé à du sucre, du saindoux et de l’eau, puis cuit à la vapeur. Sa signification est issue du jeu de mot entre 糕 " gâteau" et 高 "élevé" qui se prononcent tous deux "gao" au premier ton. Il existe des centaines de types de niangao.
L’heure du Rat (entre onze heures et une heure) : marque le moment où tous les esprits viennent sur terre participer à la fête. Des offrandes sont faites aux dieux et aux ancêtres. On dispose sur l’autel des dieux des friandises, des fruits secs et frais, et des bâtonnets d'encens. Les offrandes restent jusqu’à la Fête des Lanternes et hommage leur est rendu les jours suivant en brûlant de l’encens. Après, on réchauffe les plat et on les mange "une seconde fois".
A 1h du matin, on brûle l’image des dieux et des sages, et on installe une nouvelle image de Zaojun, dont c’est précisément le retour. Après le banquet, les parents donnent aux enfants des 红包 (hong2 bao1) enveloppes rouges contenant de l’argent. Puis la famille va se coucher tout habillée pour quelques heures et dès l’aube les rites reprennent.
« La danse du lion » : Au rythme des battements de tambours, de cymbales et de gong, des équipes composées de sept à dix danseurs animent les rues chinoises, dissimulés sous le corps d’un fauve géant en papier mâché, drapé de tissus multicolores. Cette activité sportive comprenant toute une série de culbutes et de sauts périlleux, nécessite une habilité extraordinaire. Une tradition ludique, typique du Nouvel An, qui remonte à l’Antiquité.
Enfin bon, ça c'est dans une famille super traditionnelle, hein. Parce que nous, on mange, on discute, et après on va voir les amis. Pas d'offrandes aux ancêtres et tout le toutim. Ou peut être le font-ils sans nous ?
Source : Eurasie.net
Le rituel du 辞年 (ci2 nian2) : "ci nian" signifie "prendre congé de l’année". On rend hommage une dernière fois aux dieux et aux ancêtres par des prières. Sur l’autel des ancêtres, on brûle de l’encens et dispose des pâtisseries. On rend visite aux amis et aux proches pour leur souhaiter une bonne fin d’année - ce qui dure d'ailleurs parfois pendant plusieurs jours, entraînant des banquets quotidiens, midi et soir, pendant près d'une semaine !
Durant ces derniers jours de l’année, les commerçants font un grand étalage de marchandises. Il faut toujours avoir des fruits frais, des fruits secs et des friandises à offrir aux personnes qui viennent vous souhaiter la nouvelle année. Je ne vous raconte pas la fréquentation des magasins la dernière semaine avant le nouvel an. Entre les provisions pour les visiteurs et les cadeaux pour la famille et les amis proches... le weekend dernier, à Carrefour, il ne fallait pas être claustro, c'est moi qui vous le dit ! La queue des caisses remontait toutes les allées les plus proches de la sortie ! Imaginez la période avant noël chez nous avec la population chinoise... ça fait peur, hein !
A l’origine les Chinois utilisaient des branches de pêcher au-dessus des portes pour conjurer le mauvais sort et effrayer les mauvais esprits au moment de la venue de la nouvelle année. Elles servaient aussi de porte-bonheur. Mais en raison d'une raréfaction du bois de pêcher, les Chinois les remplacèrent par des représentations des dieux des portes 门神 (men2 shen2) : des guerriers en armure tenant dans la main une lance et un sabre en guise de protection. L'identité divine des dieux des portes se confond avec celle de deux gardiens de l’empereur Taizong (627-649) sous les Tang (618-906) car les Chinois divinisent souvent des personnalités humaines à
la suite d’exploits. D’après la légende, l’empereur céleste fit appel à Shen Tu et Yu Lei pour surveiller la porte de l’enfer située au nord d’une île perdue dans l’océan : tout esprit malveillant qui tentait de fuir était aussitôt attrapé par Shen Tu et Yu Lei à l’aide d’une corde de chanvre, et jeté ensuite aux tigres. D’autres rapportent que les dieux des portes seraient Qin Qiung et Hu Jinde, deux gardiens devenus légendaires sous l’empire des Tang. L’empereur Taizong, sujet à des cauchemars la nuit, ordonna à Qin Qiung et Hu Jinde de veiller auprès de son chevet jusqu’à ce que les mauvais esprits qui perturbaient son sommeil en soient définitivement chassés.
On placarde aussi, en plus des 福 "bonheur" la tête en bas (voir billet du 21/01 "le bonheur à l'envers") sur les portes, des bandes de papier appelées 春联 (chun1 lian2) ou 对联 (dui4 lian2) sur les battants des portes afin de protéger le foyer des esprits malveillants. On change ces bandes de papier, une de chaque côté de la porte et parfois une au dessus, tous les ans. Au moment de les arracher, elles ont parfois triste
figure si elles étaient à l'extérieur... Sur ces bandes, sont inscrites des voeux de bonheur, fortune et réussite. Les caractères sont généralement dorés sur fond rouge - couleur du bonheur, et qui font peur aux mauvais esprits. Par contre, si la famille a souffert d’un décès au cours de l’année, une bande de papier vierge de couleur blanche se substitue modestement aux sentences flamboyantes traditionnelles.Dans les foyers les plus traditionnels, un autel est
spécialement dressé en l’honneur des dieux, orné d’une bande de papier sur lequel figurent tous les dieux et les sages. Appelé 天地桌 (tian1 di4 zhuo1) "autel au ciel et à la terre", il reste en place tout au long de la période de la fête du printemps et n’est ôté qu’au moment de la Fête des Lanternes. On y dispose des mandarines représentant les lingots d'or, et on accroche à des branchages de cyprès des pièces de monnaie. Ces arbres miniatures sont appelés 摇钱树 (yao2 qian2 shu4) - "arbre qu’il suffit de secouer pour faire venir la fortune" !Toute la journée de la veille du Nouvel An et jusqu’au lendemain, pétards et tambours (ainsi que les alarmes des voitures...) battent leur plein afin d’éloigner les esprits néfastes. On dépose aussi sur le pas de la porte des branchages de bois secs servant à repérer ces mêmes esprits malveillants, qui en marchant auraient ainsi fait du bruit.
Le Banquet du Printemps : ou "banquet aux dieux de la fortune". Le repas du réveillon réunit exclusivement la famille. Il commence tard dans la soirée et se termine à l’aube du premier jour. Normalement on ne doit pas dormir cette nuit là... L’après-midi, la famille prépare le banquet. Le menu qui compose le banquet est l’un des plus riches de toutes les fêtes traditionnelles chinoises. Certains mets, telle la viande séchée et salée, doivent même parfois être préparés un mois à l'avance. La variété des plats est aussi dictée par la tradition d’un repas composé d’aliments symbolisant le bonheur, la chance, la réussite et la longévité. Ainsi sont communément servis des plats frits à l’huile, symboles de la chance et de la prospérité ; des aliments ronds (boulettes de viandes, pâtisseries, fruits) symboles de la réunion ; des vermicelles translucides, symboles de la fortune ; des nouilles, symboles de la longévité, ect... Tout ça à cause de jeux de mots, encore une fois.
Deux spécialités sont cependant de mise : 饺子 (jiao3 zi) - raviolis - et le年糕 (nian2 gao1) - gâteau de la nouvelle année. Pourquoi ?
onces qui servait autrefois de pièce. Le consommer permet d’accueillir la fortune et d’entrer dans la richesse. Ils sont confectionnés la veille du nouvel An et consommé le soir quand on approche la nouvelle année. Un ravioli sucré annonce une douce existence pour l’année ; un ravioli à l’arachide une bonne santé et une longue vie. On glisse parfois des fèves dans les raviolis : pièce ou talisman. C'est censé apporter bonheur et fortune (et note de dentiste élevée pour les affamés) à ceux qui les trouvent.
Le gâteau de la nouvelle année est une pâtisserie originaire du sud de la Chine, à base de farine de riz glutineux mélangé à du sucre, du saindoux et de l’eau, puis cuit à la vapeur. Sa signification est issue du jeu de mot entre 糕 " gâteau" et 高 "élevé" qui se prononcent tous deux "gao" au premier ton. Il existe des centaines de types de niangao.L’heure du Rat (entre onze heures et une heure) : marque le moment où tous les esprits viennent sur terre participer à la fête. Des offrandes sont faites aux dieux et aux ancêtres. On dispose sur l’autel des dieux des friandises, des fruits secs et frais, et des bâtonnets d'encens. Les offrandes restent jusqu’à la Fête des Lanternes et hommage leur est rendu les jours suivant en brûlant de l’encens. Après, on réchauffe les plat et on les mange "une seconde fois".
A 1h du matin, on brûle l’image des dieux et des sages, et on installe une nouvelle image de Zaojun, dont c’est précisément le retour. Après le banquet, les parents donnent aux enfants des 红包 (hong2 bao1) enveloppes rouges contenant de l’argent. Puis la famille va se coucher tout habillée pour quelques heures et dès l’aube les rites reprennent.
« La danse du lion » : Au rythme des battements de tambours, de cymbales et de gong, des équipes composées de sept à dix danseurs animent les rues chinoises, dissimulés sous le corps d’un fauve géant en papier mâché, drapé de tissus multicolores. Cette activité sportive comprenant toute une série de culbutes et de sauts périlleux, nécessite une habilité extraordinaire. Une tradition ludique, typique du Nouvel An, qui remonte à l’Antiquité.Enfin bon, ça c'est dans une famille super traditionnelle, hein. Parce que nous, on mange, on discute, et après on va voir les amis. Pas d'offrandes aux ancêtres et tout le toutim. Ou peut être le font-ils sans nous ?
Source : Eurasie.net
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