Palourde vs Bécassine, premier round...
Je ne parles pas de la cousine Bécassine mais d'un zoziau, un "oiseau migrateur voisin de la bécasse, mais d'une taille inférieure à cette dernière, dont il se distingue également par l'absence de plumes sur la partie inférieure du tarse, et par des formes plus élancées", nous dit le dico (et non, il n'y a pas de coquille, puisque le tarse, c'est la "région qui, dans le squelette des vertébrés, est comprise entre l'extrémité du tibia et les métatarsien". Non mais. Pour la définition du métamachin, débrouillez vous ou on y sera encore demain).
L'histoire est donc la suivante. Un jour de plein soleil, une palourde décide de se rapprocher de la plage et d'ouvrir bien grand sa coquille pour prendre des couleurs. Cela devait être une palourde expatriée car jamais les palourdes chinoises ne voudraient prendre des couleurs, alors qu'elles dépensent tout leur argent en produits qui les rendent plus blanche qu'une aspirine javellisée. La palourde blanche est une palourde qui n'a pas à aller bosser dur dans les champs d'algues, qu'on se le dise.Mais alors qu'elle s'endors doucement, baignée par la chaleur du soleil, une bécassine surgit dans le ciel bleu, et avant que madame Palourde n'ai pu refermer sa coquille, plante son bec à l'intérieur.
- Aïe !, hurle madame Palourde en se frottant la... le... là où elle a falli se faire empaler.
- Ah ah, tu t'es bien fait avoir !, rétorque madame Bécassine, qui n'a pas de cousine car ses parents sont tous, à son grand regret, bécassines uniques. Ce sont de vrais chinois, eux.- Que tu crois ! Figure-toi que je fais des abdos de la coquille tous les jours, et c'est pas demain la veille que tu arriveras à me faire rouvrir. Alors ravale ta fierté et casse-toi. Je le dirais à personne, ta réputation de Bécassine n'en souffrira pas.
- Et bien figure-toi que moi, tous les jours, je prends des cours de zen avec une moine Tibétain deux fois centenaire. Alors la patience, ça me connaît. Avoue-toi vaincue et finissons en ! Tu ne sentira rien, promis.
Mais ni l'une ni l'autre ne veulent céder, et nos deux héros restent coincées dans leur embrasse mortelle, madame Palourde commençant à avoir des crampes de la coquille et madame Bécassine un sacré torticolis, mais ni l'une ni l'autre ne voulant perdre la face - tiens, la palourde est peut-être bien chinoise, malgré tout.
Plusieurs heures se passent quand un pêcheur arrive sur la scène du drame.- Peuchère, qu'est ce qui se passe donc ? Le monde devient vraiment fou !, s'écrie l'homme. Encore la faute aux aérosols, au compagnies pétrolières et aux non-signataires du traité de Kyoto !
Puis il se rend compte qu'il a beau s'approcher, aucun des deux animaux ne bouge. Ne croyant pas à son bonheur, il se précipite chez lui, ramasse un grand sac, et revient sur les lieux. Toujours pas bougé. Il ne fait ni une ni deux, et hop ! La palourde et la bécassine se retrouvent dans le sac, et dans un future proche, dans le ventre du pêcheur et de sa famille reconnaissante.
Depuis, 鹬蚌相争 (yu4 bang4 xiang1 zhang1) - une palourde et une bécassine pris dans une bataille - signifie que si deux partis n'arrivent pas à s'entendre, cela peux bénéficier à un troisième.Exemple : Vous êtes comme la palourde et la bécassine pris dans une bataille ! Si vous n'arrivez pas décider qui va diriger les opérations, vous aller vous réveiller un matin et découvrir que quelqu'un d'autre a pris la décision pour vous, et qu'aucun de vous deux n'en bénéficie !
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